La griffe qui marque, la marque qui s'exprime...

Extraits

                  Tous les hasards sont déroutants. Certains plus que d’autres. Heureux ou malheureux, ils arrivent sans crier gare et parfois, réorientent jusqu’à votre existence. Comme un aiguillage…  TM

 

"... de nos jours, toutes les idées ne sont pas recevables et les sujets qui fâchent sont à éviter. Aussi, lorsque l’on s’ex­prime, il faut trier, sélectionner et éliminer pour ne pas être rejeté. Tenue correcte exigée pour les opinions qui s’avan­cent sinon gare à l’opprobre qui guette. Tout ce qui n’est pas aseptisé doit se taire ou disparaître. Il y a danger à dire ce que l’on pense surtout si ce que l’on pense nuit grave­ment à l’image que la société veut donner d’elle-même. Quand l’hégémonie du bien-pensant fait de la censure morale un réflexe qui s’inscrit dans la conscience collective, alors la liberté d’expression a du souci à se faire..."

 

"Comme notre histoire est tendrement ridicule. Un mot, un point de vue et voilà que l’on se met à y croire. Un silence, une inquiétude et déjà le doute s’installe..."

 

"J’avoue ne pas savoir très bien par où commencer ce mail. Tant de choses à expliquer, à raconter ou simplement à te dire..."

 

"…  je m’en veux de m’être à nouveau laissé piéger par ce monde absurde qui n’est pas le mien, cette construction mentale où tout semble si facile alors que rien n’y est vraiment possible. Parfaitement à l’aise dans ce vide sidérant, notre imagination peut à loisir embellir ce qu’elle ignore et en­visager ce qu’elle désire. Que ça l’arrange ou que ça lui fasse plaisir, avec elle, c’est toujours le même idéal qui ressemble à un portrait-robot sans défaut, les mêmes voix qui encensent le meilleur et surtout pas le pire. Ces artifices en trompe-l’œil, ces miroirs aux alouettes, ces promesses aux allures de certitudes, il faudrait les empêcher de nuire car il y a danger à se laisser séduire. "

 

"… il se passe quelque chose avec toi que je ne m’explique pas. Alors je veux bien reconnaître que notre relation est atypique et admettre que croire trop vite en ses chances d’aboutir n’est pas raisonnable. Mais tu vois, c’est l’idée même d’avoir à me freiner dans mes ardeurs qui ne me semble pas raisonnable. Alors que dois-je faire ? Qui dois-je écouter ? Toi ou moi ? Et si tu m’autorisais à ne pas être sage. Juste comme ça, pour voir ? Ce serait un bon compromis, non ? J’ai tellement envie de revivre un peu. "

 

"Au fait, moi, je suis la voix off du récit, celle qui ne parle à la place de personne parce que trop impersonnelle pour ressembler à quelqu’un. Féminine, je donne davantage de formes à mes lignes. Détachée de ce qui est trop terre à terre, j’interviens lorsque j’ai besoin de vous montrer ce qui me touche et m’interpelle vu de plus haut. Sur l’instant ou après coup, sans ambages et sans détour, je dis tout. Alors, je vous imagine bien me dire que je ne suis pas sur grand écran pour me présenter de la sorte et qu’ici on parle plutôt de narratrice. Mais qui vous dit que je ne me fais pas déjà un film de toute cette histoire ? "

 

"Si l’on s’en tient à ce que l’on s’est dit, on s’appelle d’abord lorsque j’arrive et après on avise. Franchement, j’espère éviter le rendez-vous cliché sur le quai. Nous ne sommes pas assez proches encore pour jouer la grande scène romantique qui pourrait très vite tourner au burlesque pour une première si d’aventure nos atomes n’étaient pas assez crochus."

 

"Plus nous nous rapprochons l’un de l’autre, plus nos visages s’illuminent. Simple vue de l’esprit ou simplement des faits ? Bientôt la réponse…"